Le Festival du Jamais Lu propose aux auteurs de théâtre de la relève québécoise, canadienne et internationale, une tribune pour la lecture de textes inédits. C’est un événement rassembleur qui se veut à la hauteur du dynamisme et du caractère éclectique de la dramaturgie contemporaine.
Le Festival du Jamais Lu est au théâtre ce que la performance live est à la musique. Un accès direct aux artistes, un moment brut et unique. Sans ambages et sans pudeur, une quinzaine d'auteurs de la nouvelle garde offrent leurs textes inédits en lecture publique. Portés par la voix de comédiens, les mots jaillissent sur scène, dévoilant visions du monde, cultures, formes, sensibilités et nécessités.
Dans la salle cabaret du O Patro Výš, une bière à la main, spectateurs et artistes s'entremêlent. Il suffit d'une visite au Festival pour se rendre compte du dynamisme créatif et communicatif qui règne chez la relève théâtrale ; mais il faut y revenir plusieurs soirs pour découvrir un panorama inspirant de notre société moderne.
La prise de parole est le fondement de tout acte théâtral. C’est cet élan de communication que nous mettons à l’honneur au Festival. Les artistes de demain aiguisent ainsi la conscience de leur pouvoir de réflexion alors que le public accède à leur discours dans toute sa simplicité. Nous voulons être un phare de la culture émergente, un événement incontournable où le public et le milieu théâtral viennent entendre la parole de la génération montante.
Le Festival du Jamais Lu est né, il y a six ans, du désir de deux jeunes artistes et d’un administrateur d’avoir accès aux textes de dramaturges qu’ils côtoyaient quotidiennement sans pourtant connaître leurs œuvres. S’est alors organisé spontanément des lectures de ces textes. L’enthousiasme des auteurs invités a été tel que la première édition, qui devait durer une fin de semaine, s’est établie sur dix jours. Une douzaine d’auteurs alors peu connus, choisis en toute confiance sur la base de leur talent ont été réunis. Parmi eux, il y avait Évelyne de la Chenelière, Francis Monty, Stéphane Hogue, François Létourneau, Fanny Britt et Philippe Ducros pour n’en nommer que quelques uns. Cinq ans plus tard, ces auteurs quittent tranquillement le giron de la relève pour se voir jouer sur nos grandes scènes québécoises. Le temps a fait son œuvre… et le Jamais Lu l’aura tout de même un peu aidé.
Lors de la deuxième édition, malgré des contraintes fortes au niveau du financement et de l’organisation, nous étoffons la programmation d’un volet jeune public afin d’être plus représentatif des diverses pratiques d’écriture.
Pour la troisième édition, l’événement se dote d’un conseil d’administration et d’une structure juridique indépendante du Théâtre les Porteuses d’Aromates, organisme producteur jusqu’ici. Fort de cette nouvelle structure, le Festival se déploie dans une nouvelle salle, le cabaret O Patro Výš, pouvant accueillir une centaine de spectateurs. Autre innovation : afin de souligner le caractère festif de notre événement, nous colorons la programmation d’un projet spécial qui dépasse le cadre de la mise en lecture. L’objectif de créer un « happening » original est atteint et ce type de projets spéciaux devient un phare pour la programmation.
Avec la quatrième édition, le temps est venu d’élargir nos horizons territoriaux. En ce sens, l’accueil d’auteurs franco-canadiens nous permet de contribuer concrètement à la notoriété d’auteurs émergents trop souvent isolés, et de favoriser leur cheminement professionnel.
Puis à la 5e édition, pour la première fois, nous accueillons un auteur de provenance internationale, jetant ainsi les bases d’une ouverture à la dramaturgie émergente de part la francophonie. Le Jamais Lu prend alors une nouvelle envergure.
En mai dernier se tenait la 6e édition. Dans un contexte d’incertitude financière angoissant, nous démontrons notre désir de se battre pour continuer nos activités, et constatons avec fierté que la solidarité des artistes et du public pour le Jamais Lu est sans faille. Forts de ce sentiment d’appartenance, la réalisation de la 6e édition est une franche réussite malgré tout. Nous poussons plus loin notre volet international en accueillant trois auteurs de pays aux réalités socio-politiques difficiles (Liban, Togo et Bénin), la couverture médiatique est plus abondante, et nous sentons la présence d’un public plus vaste qui prend plaisir à découvrir les paroles que nous leur présentons.
Au cours de ces six dernières années, le Festival a joué un rôle considérable dans l’évolution de la jeune dramaturgie et a su prendre sa place au sein du paysage culturel montréalais. Pour citer le sympathique Paul Lefebvre : « Le Festival du Jamais Lu est le plus grand des petits festivals ! »