EMBRASSE TON COMPLEXE

EMBRASSE TON COMPLEXE

i 20 août 2019 Pas de commentaires par

Cabaret (politique?) transatlantique

CLAIRE BARRABÈS
VÉRONIQUE CÔTÉ
GEOFFREY DAHM
SÉBASTIEN DAVID
MARCELLE DUBOIS
KEVIN KEISS
ÉDITH PATENAUDE
PAULINE PEYRADE

Kevin Keiss

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Descriptif

Nous voilà entré·e·s dans une ère où tout est simplifié, prémâché, mutualisé, cerné, décortiqué pour nous, tweeté à notre place en peu de mots, hashtagué pour écraser nos pauvres cerveaux surchauffés.

Mais nous ne sommes pas dupes.

Le monde est bien plus vaste qu’on nous le fait croire, et plus multiple.
Nos pensées s’expriment en bien plus de signes que la case ne le permet dans le formulaire. Les sujets débordent, les contradictions s’empilent, les nuances s’insèrent dans les marges, dans les interstices, les flous.

Nous vous proposons donc d’entrer joyeusement dans la complexité des choses.
À partir de mots qui font l’actualité brûlante, des réalités, des visions, des vibrations qui s’entendent de manière distincte en France et au Québec, quatre binômes d’autrices et d’auteurs issus des deux côtés de la grande flaque vont monter au tréteau, se lover dans les phonèmes, s’inventer des coups de gueule et fabriquer ensemble du verbe, du sens, de la fête.


Direction :  Marcelle Dubois
Dramaturgie : Marc-Antoine Cyr
Textes du Québec :  Véronique Côté, Sébastien David, Marcelle Dubois, Édith Patenaude
Textes de la France : Claire Barrabès, Geoffrey Dahm, Kevin Keiss, Pauline Peyrade
Musique : Fred Costa

 

SEULS DANS LA NUIT

i 20 août 2019 Pas de commentaires par

Texte GWENDOLINE SOUBLIN
Mise en lecture NINI BÉLANGER

 

 

 

 

Descriptif

Un soir d’hiver, alors qu’elle rentre chez elle en voiture après son travail, Nour, une aide à domicile de cinquante-cinq ans, est confrontée à un phénomène lumineux aussi beau qu’étrange au milieu des vignes rémoises. Cet événement, indéfinissable et peu partageable avec son mari Paco, lui ouvre des horizons nouveaux et vient déstabiliser son « inaltérable légalité quotidienne ». Nour part en quête d’une explication.

Comment un objet mystérieux qui sitôt apparu disparaît, peut-il troubler quelqu’un.e au point de modifier durablement son rapport au monde et à sa propre existence ? En quoi l’observation de l’espace peut-elle susciter une parole scientifique et poétique qui engage autant notre rêverie que notre soif de comprendre, de savoir qui nous sommes, où nous (en) sommes ?

À travers une partition sonore et graphique, ce texte fantastique veut interroger le sentiment de vertige qui naît de la rencontre entre nos existences humaines précaires et le cosmos, l’« impalpable ». L’inexplicable.

Pour mieux tenter de dire nos vies d’ici-bas ?

Extrait

J’ai vu ça.
Tu n’as rien vu tu as rêvé tu n’as rien vu tu rêves.


Texte : Gwendoline Soublin
Mise en lecture :
 Nini Bélanger
Interprétation : Troupe du Jamais Lu Paris 2019

LES PETITS POUVOIRS

i 20 août 2019 Pas de commentaires par

Texte CHARLOTTE LAGRANGE
Mise en lecture SOLÈNE PARÉ

 

 

 

 

Descriptif

Une île japonaise abandonnée par l’économie mondiale et ses derniers habitants.
Une île désaffectée, arpentée seulement par quelques architectes, à la recherche d’une nouvelle utopie, d’un projet qui leur redonnerait du sens.
Un cadavre flotte dans l’eau brûlante d’un onsen, l’un de ces bains japonais aux sources volcaniques.

Laïa, face à lui, tente de reconstruire ses souvenirs : l’agence parisienne ; Benoît et Diane, les deux associé.es ; leur fascination pour leur nouvelle recrue ; mais aussi la rivalité, le désir sexuel à l’oeuvre ; le trio qu’ils ont formé presque malgré eux.  Étouffant.

Dans les vapeurs du onsen, le passé lointain revient par bribes. Réapparaît la figure de Toshi, le maître de Benoît et Diane, qui les avait exclus de son agence alors qu’ils étaient prêts à tout pour devenir architectes.

Les temporalités s’entremêlent pour éclaircir le crime, l’identité du cadavre comme celle de son meurtrier. Elles interrogent les mécanismes de pouvoir et de domination sexuelle qui se transmettent inconsciemment de maîtres à élèves, de génération en génération, dans le travail comme dans la création.

 Extrait

ÉTIENNE -
Tu deviendras une grande
plus grande que tes petits patrons
Mais pour ça faut bouffer nippon


Texte : Charlotte Lagrange
Mise en lecture :
 Solène Paré
Interprétation : Troupe du Jamais Lu Paris 2019

VERTÉBRÉ RETOUR ZÉRO

i 19 août 2019 Pas de commentaires par

Texte ADRIEN CORNAGGIA
Mise en lecture VÉRONIQUE CÔTÉ

 

 

 

 

Descriptif

Année 2050, en France. Benoît (ou Ben, quand il va bien et qu’il retrouve pendant quelques instants confiance en lui) a disparu. Pas mort, pas enlevé. Disparu. Sa logeuse, une vieille femme qui n’a pas de temps à perdre avec la politesse, s’inquiète et s’adresse à une association spécialisée en la matière, l’APRÉ. Or ce qu’elle ne sait pas, c’est que Ben/Benoît - clicworker précaire de son état et écrivain quand il le peut – fait l’objet d’une enquête, et ce depuis un moment. Au motif qu’il appellerait à la sédition par le truchement de messages numériques projetés dans la ville, appelés « diffusion sale ». Cinq ans auparavant, l’assemblée nationale adoptait la proposition de loi RMB (Règle Ministérielle sur le Bonheur) sur l’interdiction de manifester.

Vertébré retour zéro est l’histoire recomposée d’une évaporation criminelle, entre passé et présent d’un futur proche.

Extrait

BENOÎT –
Il est à chier le présent
Il est en train de crever de manière indigne le présent
T’as vu ce que la RMB elle a fait là ?


Texte : Adrien Cornaggia
Mise en lecture :
 Véronique Côté
Interprétation : Troupe du Jamais Lu Paris 2019

UNE FIN – ATELIER QUÉBÉCOIS

i 19 août 2019 Pas de commentaires par

Sébastien David

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Au long d’une résidence d’une durée de deux mois à Paris, l’auteur québécois Sébastien David mettra les derniers traits à un texte brillant-tout-neuf.

Lampes au front, une dizaine de jeunes actrices et acteurs entreront dans son atelier pour fouiller ses pages
et y dénicher les pépites. Pour mener l’équipée : le metteur en scène français Thomas Quillardet, vaillant
éclaireur des dramaturgies novatrices. Venez les voir à l’œuvre pour admirer les premières trames d’Une fin :

Descriptif

Je nous ai inventé une fin. Il nous reste six mois. C’est le soleil. Il est en constante expansion. Il a toujours été destiné à devenir
ce qu’on appelle une « géante rouge », un phénomène normal dans la vie d’une étoile qui se déroule habituellement sur quelques
milliards d’années. Mais là, c’est maintenant et c’est inexplicable. Est-ce une tragédie ? Non, seulement le cours normal des choses.

Extrait

LE FILS EN VOITURE QUI REGARDE DROIT DEVANT -
Je veux que chaque jour du reste de ma vie
Soit un film de Xavier Dolan 

LA MÈRE EN VOITURE QUI PENSE AU PASSÉ -
J’ai mis des condoms dans la boîte à gants

Résidence d’auteur organisée avec le soutien du Conseil des Arts et des Lettres du Québec


Texte : Sébastien David
Mise en lecture :
 Thomas Quillardet
Interprété par les apprenti.e.s du Studio d’Asnières – ESCA : Clémentine Billy, Julia Cash, Juliette Malfray, Eugénie Pouillot, Théo Askolovitch, Steven Dagrou, Arthur Gomez, Soulaymane Rkiba, Ulysse Robin, Nino Rocher

DÉNICHER LA FABRIQUE

i 19 août 2019 Pas de commentaires par

Texte HAKIM BAH
Mise en lecture ÉDITH PATENAUDE

 

 

 

 

Descriptif

Deux amis – l’Homme chapeau et Petit quelqu’un – se retrouvent chaque année pour les feux d’artifice du nouvel an. Mais voilà qu’au fil du temps, l’un des deux ne vient pas au rendez-vous. Quand il réapparaît une année après, il est changé, il est devenu Quelqu’un. Le pays où cette histoire se passe est en ébullition, le peuple est dans la rue. Le chef de l’état est mort, mais son entourage refuse de l’annoncer. Tous sont vite rattrapés par la rumeur qui envahit la cité.

Métaphore carnavalesque et résolument théâtrale sur l’état du monde actuel, ce texte naît de l’urgence de dire le politique, de nommer ce qui se passe aujourd’hui en Algérie, en France, en Guinée, au Soudan… partout où des populations s’élèvent contre l’ordre établi.

Extrait

petit matin/ les chiens sont partis/
chacun se débat avec ses blessures/ morsures/
et donc l’autre côté c’est quand/
d’autres espèrent la prochaine fois/
tu décides qu’il n’y aura pas de prochaine fois/
que cette fois tu rentres chez toi 


Texte : Hakim Bah
Mise en lecture :
 Édith Patenaude
Interprétation : La troupe du Jamais Lu Paris 2019

Parle à ton voisin : Garden-party libérateur

i 7 avr 2019 Pas de commentaires par

ALIX DUFRESNE
Avec
SIMON BOULERICE
LEANNA BRODY
NICOLE BROSSARD
LES DÉESSES*
MANAL DRISSI
FRANNIE HOLDER
RICARDO LAMOUR
GENEVIÈVE PETTERSEN
GABRIEL ROBICHAUD
ET LE BAND COMMENT DEBORD

Alix DufresneSimon BoulericeLeanna BrodyNicole BrossardLes déessesManal DrissiFrannie HolderRicardo LamourGeneviève PettersenGabriel RobichaudComment Debord

Salut voisine, salut voisin,

Ce soir on s’imagine un juillet ragaillardi, on met nos sandales sentimentales, on détache notre ceinture morale, on enfile le bermuda de
l’impertinence et on se fait une grosse fête de ruelle entre voisin·e·s.

Une soirée où on essaie de franchir la gêne, la timidité, la peur, la colère ou le dégoût qu’on peut ressentir à partager une maison, un bloc, une rue, un quartier, une ville, une province, ou même un pays avec quelqu’un sans jamais lui parler.

Ce soir, nos invité·e·s liront une lettre à ce qu’ils·elles considèrent être leur voisin·e, qu’il ou elle soit réel·le, fantasmé·e, politique, historique, personnel·le. La seule règle : libérer quelque chose par l’écriture. De la colère, de la joie, du désir, de l’espoir…

Faque à soir, on se rassemble lors d’un véritable garden-party de lettres ouvertes, pis on se parle, un hot-dog à la main et une bonne paire d’oreilles ouvertes.


Idéation, mise en espace et animation : Alix Dufresne
Avec : Simon Boulerice, Leanna Brody, Nicole Brossard, Les déesses, Manal Drissi, Frannie Holder, Ricardo Lamour, Geneviève Pettersen, Gabriel Robichaud
Musique en direct : Comment Debord

*Collectif Les déesses : Lori’anne Bemba, Alexie Legendre, Elizabeth Mageren, Amaryllis Tremblay.

Je te connais, moi non plus – I know / You / Know / Me
Forum pancanadien sur la dramaturgie contemporaine

i 20 fév 2019 Commentaires fermés par

Le Forum, un espace de dialogue

Du 3 au 5 mai dernier, le Festival du Jamais Lu s’est transformé en véritable laboratoire d’idées sur notre (mé)connaissance de la dramaturgie pancanadienne contemporaine ainsi que sur la circulation des oeuvres et des artistes. L’ambiance était à la bienveillance et à l’écoute ! Par la tenue de conférences et de discussions animées par des professionnel·le·s francophones, anglophones et autochtones du milieu théâtral canadien, nous avons ratissé large.

Nous remercions chaleureusement les différent·e·s intervenant·e·s qui ont pris part aux échanges ainsi que le public qui a grandement nourri le débat. La nécessité d’ouvrir les réseaux fut palpable, et le plaisir d’être ensemble nous a donné envie de perpétuer ces échanges dans le futur. Chose que nous ferons !

 

Des paroles venues des 4 coins du Canada

Ce forum a été un véritable incubateur de paroles provenant des 4 coins du Canada. Pour mettre la table, Julie Burelle, Alexandre Cadieux et Erin Hurley nous ont proposé une histoire croisée entre le théâtre francophone, anglophone et autochtone ; une révélation de faire cohabiter les trois récits canoniques. Cette même journée, nous avons interrogé des dramaturges et traducteur·trice·s voisin·e·s qui nous ont partagé leurs différentes perceptions de la dramaturgie québécoise.

Le jour suivant, nous avons exploré le théâtre en dehors du Québec avec Ravi Jain, Émilie Monnet et Geneviève Pelletier avant de découvrir quel regard des directeur·trice·s artistiques montréalais·e·s portaient sur leur propre milieu.

Finalement, après s’être interrogé·e·s sur les frontières, les blocages et les préjugés qui freinent la fluidité des partages entre les différentes communautés théâtrales, nous avons réfléchi ensemble à des innovations qui parviendraient à abattre ces murs invisibles grâce aux conférences de Sophie GeeLori Marchand et Gilles Poulin-Denis.

À toutes ces conférences s’ajoutaient des panels de discussions avec une quinzaine d’invité·e·s, tel que Bobby Theodore, Leanna Brodie, Linda Gaboriau, Mishka Lavigne, John Jack Paterson, Vanessa Porteous, Olivier Bertrand, Eda Holmes, Sylvain Schryburt, Emma Tibaldo, Jean-Simon Traversy, Sophie Devirieux, Sara Dion, Esther Duquette, Ryan Griffith et Véronique Hébert.

 

Et après ?

Ces 3 jours de discussions ont mis en évidence plusieurs problématiques mais aussi, et surtout, un désir commun d’apporter des solutions concrètes et pratiques pour franchir les barrières culturelles, linguistiques, et géographiques qui limitent le développement du théâtre pancanadien. Comment créer avec l’autre, découvrir l’autre, écouter l’autre ? Plusieurs pistes ont été proposées, laissant présager que ce forum n’est que le début d’une grande rencontre.

Un mémoire faisant état de ces 3 journées a été rédigé afin de revenir sur ces trois journées au jour le jour, créer des résumés thématiques et ouvrir des pistes de solutions. Un document qui servira, nous l’espérons, de tremplin pour la suite.

Vous pouvez aussi télécharger le cahier du participant qui a été distribué à tous les participants du Forum et qui vous donnera plus d’informations sur le contenu de ces 3 journées.

Merci aux partenaires du forum

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Les murs à abattre

i 7 avr 2019 Pas de commentaires par

Qu’ils soient algorithmes ou frontières tangibles, les murs persistent et s’accumulent contre toute logique. En guise d’acte de résistance, le Jamais Lu invite huit artistes pour imaginer les mille et une façons d’abattre des murs en usant d’intelligence et de sensibilité. Que ce soit un projet collectif, personnel, politique ou poétique, ces artistes nous offriront huit tombées de mur fracassantes, huit façons différentes de franchir les solitudes, pour réfléchir à la relativité des barrières et aux moyens de s’en affranchir.

*Notez qu’il y a sur place une restauration vous permettant de patienter pour la lecture de 20h.

 

3 mai
18 h

RÉBECCA DÉRASPE

Rébecca Déraspe

Tombée n° 1 : Quelque chose de pointu assiège mes tripes est-ce un cure-dent ou une parcelle de monde ?

« À l’aide » que criait tout le monde. Pis moi j’étais comme « whaaaaat » ? Faque j’ai décidé d’écrire une toune avec des rimes dedans la toune. Ça a calmé personne. Nobody calm. Y a fallu que je trouve une autre solution.

4 mai
18 h

JOHANNA NUTTER

Johanna Nutter

Tombée n° 2 : Oscar: Girl Gone Wilde

Un rossignol donne sa vie pour un prétendant instable, une statue se dénude pour sauver les pauvres, et un monstre tente de construire un mur.

5 mai
18 h

LOUIS-KARL PICARD-SIOUI

Louis-Karl Picard-Sioui

Tombée n° 3 : Parce qu’il le faut

Les ravages du colonialisme se font sentir sur le territoire comme dans les cœurs. Son intériorisation bascule les repères. Malgré la douleur et la confusion, survivre à l’apocalypse. Parce qu’il le faut.

6 mai
18 h

JOCELYN SIOUI

Jocelyn Sioui

Tombée n° 4 : Traces

L’histoire est un mur qui se dresse entre vous et moi. En 1950, Jules Sioui, poursuivi par la couronne britannique pour sédition, entreprend une grève de la faim qui durera 72 jours. Son combat : les droits légitimes des Premières Nations. Jocelyn nous invite dans un voyage au cœur de ses racines familiales et décortique la petite histoire d’un grand homme.

7 mai
18 h

LISA NDEJURU

Lisa Ndejuru

Tombée n° 5 : Une drôle de maison

Il était une petite femme ! Pirouette. Cacahouète. Et sa maison : une histoire de murs qui tombent, de porosités, de résonances.

8 mai
18 h

ÉTIENNE LOU

Étienne Lou

Tombée n° 6 : Le boxeur

Un garçon tente d’exorciser sa peur du conflit au travers de la boxe.

9 mai
18 h

FÉLIX BEAULIEU-DUCHESNEAU
BENOÎT CÔTÉ

Félix Beaulieu-DuchesneauBenoît Côté

Tombée n°7 : Garage-Lumière

Des garagistes musiciens redonnent vie à des êtres bons pour la « scrap » et tentent de reconstruire le moteur qui nous lie.

10 mai
18 h

RHIANNON COLLETT

Rhiannon Collet

Tombée n°8 : There are no rats in Alberta

Qu’est-ce qu’on ressent quand on se fait dire qu’on n’existe pas ? Dans le cadre d’une performance en anglais, l’artiste non binaire Rhiannon Collett nous livre un manifeste sur l’(in)visibilité trans.

Écorchure sur bras inerte

i 7 avr 2019 Pas de commentaires par

MELLISSA LARIVIÈRE

Mellissa Larivière

Francine, la cinquantaine avancée, souffre d’une grande solitude depuis le décès de sa mère et de sa sœur. Isolée, elle se raccroche à sa vapoteuse, à des autocollants de papil-lons et à la vente de chats sur eBay. Après avoir observé sa voisine pendant des années pour passer le temps, Francine devient son aidante à domicile. Elle y rencontre Étienne et Gabrielle, les enfants de la voisine, qui tentent éperdument d’exister dans une réalité qui leur échappe, oscillant entre une pulsion de mort et le rêve d’une caresse.

Mais c’est pas de ça que le texte parle.  On va juste apprendre à mourir un peu.

Extrait

J’ai la vue qui baisse
Peux pas sortir de chez nous l’hiver
La neige m’éblouit
La nuit est trop sombre
Peut-être qu’à travers mes yeux
Y a un visage uniforme pour tout le monde
Une myopie du monde
Un flou d’univers
J’vois pas vraiment
Je travaille à l’aveugle pour remplir les journées
Pour frotter les années
Pour remplir les pièces
Je me lève avec un bras qui manque, compressé par la nuit,
Avec de quoi qui manque…
Silence
J’vends des chats sur eBay


Texte : Mellissa Larivière
Mise en lecture :
Alice Ronfard
Interprétation : Louise Bombardier, Simon Pierre Lambert, Étienne Lou, Ève Pressault